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Jarnac puis Libourne : joli doublé pour Fedrigucci (Ransart)

Posté le 04/08/2017, Auteur: info@pitts.be


La capacité d’adaptation est un atout dans la vie. Et a fortiori dans la colombophilie. Un amateur de Ransart, Averardo Fedrigucci, vient encore de la démontrer. Obligé de revoir son programme de jeu en raison de la grippe aviaire et d’une limitation forcée dans les sorties de ses pigeons, il a été contraint de revoir ses prévisions, la composition de ses équipes, et bien choisir ses concours. Le moins que l’on puisse dire est que le Ransartois possède l’art de s’accomoder : 13e National en Vieux (5045 pigeons) sur le Jarnac du 15 juillet et 10e National Yearling (3948 pigeons) sur le Libourne du 22 juillet. Fabuleuse semaine qu’il nous raconte.

« Une interview ? Pas de problème. Super même. Mais après-midi car le matin, je fais du vélo. » Averardo Fedrigucci a  plusieurs passions. Parmi les plus importantes : la colombophilie et le vélo. S’il n’y a pas de pigeons à attendre, c’est la sortie de 100 bornes les samedi et dimanche matin avec les copains du club cyclotouriste Sport et Santé de Ransart. C’était le cas en ce beau dimanche matin pour une sortie sur les routes de la région du grand Charleroi. La veille avait aussi été une belle matinée. Le concours national de Libourne le voyait classer l’un de ses yearlings à la 4e place du FCW (893 pigeons) et décrocher une place de 10e Nat. en yearling par la même occasion.

Ce qui confirme que c’est actuellement une forme de dieu le père qui règne dans le colombier de Ransart puisque la semaine précédente, c’est 13e Nat. en Vieux sur Jarnac et la 1re place au CFW qui venaient garnir le palmarès d’Averardo Fedrigucci. Palmarès qu’il avait copieusement alimenté lors de la saison 2015 comme nous le verrons avec lui un peu plus loin.

Avant cela, revenons sur cette semaine et ces deux concours de toute beauté pour le Ransartois. Car ce n’est pas le fruit du hasard s’il ravit un prix de tête en Vieux sur Jarnac et un autre en yearling sur Libourne. Il explique : « Il y a un cas de grippe aviaire dans le village voisin. Lorsque l’AFSCA et la RFCB ont défini le rayon de confinement, mon pigeonnier se trouver dedans pour une centaine de mètres. Du coup, le règlement en vigueur me limitait dans les sorties de mes pigeons. Impossible de les inscrire dans certains concours à cause de la limitation. J’avais bien établi un programme mais j’ai dû le revoir. Ne sachant jouer comme je voulais, j’ai décidé de séparer la colonie en deux équipes. Une équipe rien qu’avec des vieux et l’autre rien qu’avec des jeunes. Les premiers pour jouer Jarnac, les autres pour Libourne. En faisant l’impasse sur quelques concours qui précédaient ce rendez-vous. Voilà comment je me suis retrouvé à composer ces deux équipes. »

La passion, elle est tombée du ciel pour cet amateur. Première licence en 1983. Il a découvert les pigeons en récupérant un pigeon égaré sur son lieu de travail. Averardo était à l’entretien des transformateurs de la centrale nucléaire de Tihange. Il a fait ses premières armes, comme tous, sur la vitesse avec une petite colonie. Survint un premier virage, en 1996, avec l’acquisition de pigeons venus de chez feu Roland Dekeyser. Jouer le fond va alors pouvoir devenir possible. D’autant qu’une amitié forte se crée entre les deux hommes. « Je n’y connaissais pas grand-chose et il a beaucoup partagé avec moi. C’est grâce à lui que j’ai ensuite rencontré son beau-frère, Willequet, Roger Florizoone et André Colbrandt. Il me faisait profiter de ses connaissances, de ses amitiés, de ses contacts. Ces gens formaient un petit groupe qui formait un puits de connaissances en colombophilie. De grands bonhommes. » Aujourd’hui encore, la colonie de Ransart est composée à 90% de cette souche Dekeyser-Florizoone-Colbrandt. Ces dernières années, du sang neuf a été apporté avec des pigeons de Ballmann, Emmerechts, et De Coster.

La méthode de jeu appliquée depuis des années est basée sur l’efficacité. Les jeunes sont dégrossis sur 4 étapes de vitesse sans les constater puis quatre étapes de demi-fond. Jugés sur base de leurs résultats dans ces dernières étapes, ils sont triés sans tenir compte des origines. « Je suis très sélectif », admet-il. Pas d’état d’âme, seule compte la feuille de route, comme chez tous les grands champions.

Actuellement, la colonie est composée de 7 couples reproducteurs , 14 voeufs (sur 19 au départ) , 16 pigeons d’un an et 50 pigeonneaux. Le jeu est fait au veuvage classique et seuls les mâles sont au jeu. « Pour pouvoir jouer les femelles, il faut des dispositions spéciales dans ses installations. Je n’ai pas encore franchi ce pas. Je fais ce que je sais faire, avec moyens et les installations qui sont les miennes. »

 

2015, UN GRAND CRU

Il est modeste en s’exprimant comme cela, Averardo Fedrigucci. Car sa méthode a déjà porté de très beaux fruits, ce qui démontre son savoir-faire. Jugez plutôt les résultats récents de cette petite colonie :

-       En 2014

14e National Narbonne vieux

23e National Libourne yearlings

53e National Montélimar

-       En 2015 

16e et 25e National Brives vieux

22e, 64e et 94e National Narbonne vieux

110e National  Jarnac vieux

13e National Tulle vieux

Voilà qui démontre qu’une méthodologie de base bien appliquée permet de faire d’excellents résultats avec une colonie de taille modeste ou réduite. Voilà qui démontre aussi que les résultats que vient de conquérir le Ransartois en juillet renforcent sa régularité à un niveau national.

2014, 2015 et 2017 , très bien. Mais 2016 demanderez-vous ? C’est Averardo Fedrigucci qui y répond lui-même : « Ce fut une saison de transition mais je m’y attendais. C’était voulu. En fait, à la fin de la belle saison 2015, j’ai décidé de mettre tous mes pigeons de quatre ans à la reproduction. D’habitude, je joue mes pigeons jusqu’à 5 ans mais j’ai fait cela pour plusieurs raisons. D’abord, je commençais à manquer de reproducteurs. Avec ceux-là, ça me faisait remonter à sept couples. Ensuite, ils avaient tous très bien donné, fait de jolis prix. En agissant comme je l’ai fait, je les ai préservés et j’ai augmenté le nombre de reproducteurs. Je savais que je me passais d’excellents éléments pour les concours 2016 mais il faut pouvoir gérer une petite colonie. Je ne regrette absolument pas mon choix. Et je dois dire qu’après une saison de transition et une saison 2017 gâchée par cette affaire de grippe aviaire, les deux résultats de Jarnac et Libourne me remontent le moral. Franchement, si on m’avait encore empêché d’enloger, j’étais prêt à arrêter. »

 

RFCB ET AFSCA…

Ouf ! On a failli perdre un amateur wallon de qualité de plus. Heureusement que la passion, et la science du jeu, l’ont emporté. Mais sur ce cas de grippe aviaire qui l’a touché indirectement, Averardo ne décolère pas. « Le cas a été décelé à la fin du mois de juin dans un élevage privé de volailles à Wangenies. C’est un des villages voisins. Moi, j’habite Ransart (Charleroi), à quelques mètres d’Heppignies (Fleurus). Wangenies est tout près aussi. Ce cas de grippe aviaire, c’est à cause d’une poule achetée sur le marché de Charleroi. En attendant, moi, je me retrouve comme une balle de ping pong entre la RFCB et l’AFSCA. La Fédération dit qu’elle n’y est pour rien, qu’elle ne fait qu’appliquer ce que lui impose l’AFSCA. Et je me retrouve avec une limitation de sortie pour mes pigeons. Je suis désolé mais il serait grand temps que la Fédération soit un peu plus du côté des amateurs et trouve une solution dans les cas de grippes aviaires. Car l’AFSCA, elle ne fait pas de différence entre un canard, une poule et un pigeon de concours. Pas de souplesse dans leurs décisions : tout le monde est confiné. Elle ferait mieux d’aller sévir où se trouve le mal. Comment on peut vendre impunément des volailles contaminées un peu partout ? On les laisse faire. Et le puni, c’est le colombophile qui lui, est, sérieux, entretient bien ses oiseaux, et paie pour ça. Pour moi, je l’ai vécu comme une forme d’injustice. »

Le Ransartois fréquente deux locaux. Celui de Châtelineau et celui de Pont-à-Celles. « Etant moi-même engagé dans l’associatif avec le vélo, je sais combien les gens qui s’occupent de ces sociétés colombophiles sont précieux. Sans eux, les amateurs ne pourraient plus assouvir leur passion. Je les remercie tous pour ce qu’ils font. Jean et son équipe à Châtelineau et Cécile et son équipe à Pont-à-Celles. C’est d’ailleurs Cécile qui a multiplié les contacts avec la RFCB pendant le problème de grippe aviaire à Wangenies. C’est simple, si ces locaux devaient disparaître pour je ne sais quelle raison, j’arrêterais de jouer aux pigeons. On a déjà perdu beaucoup de colombophiles, beaucoup de clubs, de sociétés et il faudrait que les responsables se posent les bonnes questions et surtout apportent les bonnes réponses. »

 

JE NE VENDS JAMAIS

Si on excepte la saison 2016, pour les raisons qu’il a expliquées plus haut, Averardo Fedrigucci flirte systématiquement avec un résultat annuel  moyen supérieur à  60% de prix.  La fin de saison devrait encore valoir quelques belles matinées. Ensuite, ce sera déjà la préparation de la suivante : « Ah, ce n’est pas encore fini en effet. Il reste quelques belles étapes. Je sais déjà que je vais finir cette saison avec trop de pigeons car je n’en ai pas perdu beaucoup. Du coup, le tri sera encore plus drastique. Sur base des résultats évidemment. Vendre ? Non ! Je ne vends jamais ! Et le dernier bon pour un jeune que j’ai fait, il remonte à un paquet d’années.  C’est un de mes principes et je n’y déroge pas. Comme aux autres d’ailleurs. Je sais que j’ai un caractère bien trempé mais c’est comme ça. Il faut se tenir à sa ligne de conduite. Je vois que ça me permet de prendre du plaisir avec mes pigeons, de décrocher de beaux résultats çà et là sur de très beaux concours. Pourquoi changer de façon de faire ? J’ai retenu beaucoup de choses de ce qu’ont m’ont appris les champions qui m’ont aidé et conseillé et je sais qu’eux aussi s’en tenaient à une ligne conductrice basée sur les résultats. »

Hormis pour les vaccins annuels, les pigeons de Ransart n’ont plus vu un flacon de vétérinaire depuis quinze ans. « Ils se forgent une défense naturelle, une résistance propre. Sur ce point aussi, je ne dérogerai pas à ce principe. »

Une méthode qui marche !

                                                                                                                          HUPEZ

afbeelding1.jpg | Pitts

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