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L’AWC, CE MAUVAIS ELEVE

Posté le 06/12/2017, Auteur: pitts/PB


Ce n’est pas nous qui le disons mais bien le Ministre du bien-être animal, Carlo Di Antonio, et le Service Public de la Région Wallonne dans des courriers officiels échangés entre le cabinet du ministre, des hauts fonctionnaires et des mandataires de l’AWC.

Dans un courrier officiel adressé à Stefaan Van Bockstaele, président de la RFCB, et Christian Goulem, président de l’AWC, le Ministre Wallon Carlo Di Antonio écrit en quatre pages un sérieux rappel à l’ordre. D’abord, il insiste auprès des deux présidents sur l’importance d’une bonne collaboration. « Régulièrement, je suis interpellé au sujet de l’organisation du sport colombophile à la suite de la 6e réforme de l’Etat. En tant que Ministre wallon du bien-être animal, je suis particulièrement sensible à ces préoccupations qui concernent, de près ou de loin, la protection des animaux utilisés lors de concours. Comme vous le savez, cette protection relève désormais de la compétence des autorités publiques régionales. En vue que toutes les potentialités de cette nouvelle compétence se concrétisent avec pertinence et crédibilité, il me semble essentiel d’agir en partenariat notamment avec le monde scientifique mais également avec une communauté unie et représentative des colombophiles. Je suis persuadé, à ce sujet, que seule une collaboration constructive entre les colombophiles, dans un cadre réglementaire et associatif adéquat, permettra de garantir une pratique paisible de ce sport tant apprécié dans notre pays », écrit le ministre pour débuter sa missive. Le ton est encore cordial. Le ministre Di Antonio rappelle aimablement que la RFCB et l’AWC doivent coopérer et assumer leur rôle. C’est au monde colombophile de prendre en charge la mise en conformité de son organisation avec le cadre légal.

 

DI ANTONIO MET LA PRESSION

Dans la suite de son courrier, Carlo Di Antonio rappelle point par point les lois gouvernementales et les arrêtés royaux en matière de bien-être animal. Il précise aussi ceci en toutes lettres : « Comme la Section de Législation du Conseil d’Etat nous l’a rappelé, c’est uniquement au Gouvernement ou à son ministre délégué que la loi confère le pouvoir d’adopter des règles relatives au bien-être animal lors de concours, et non à des tiers. » Ce qui revient à dire : « Messieurs, vous ne pouvez pas organiser de concours sans l’accord du ministre. » Le ton reste cordial mais il se fait déjà plus ferme. C’est que le cabinet de Carlo Di Antonio attend toujours que l’AWC soit en conformité avec ce que sa reconnaissance en tant que « personne morale représentative » des colombophiles wallons lui impose. Cette reconnaissance, obtenue le 29 mars 2017 fait de l’AWC l’unique intermédiaire officiel des colombophiles wallons auprès du Gouvernement Wallon. Mais pour cela, il lui faut remplir des missions. Au nombre de sept exactement. Le ministre les rappelle (la nuance est importante) une à une. Elles concernent essentiellement le transport, l’organisation des concours, le calendrier, les contrôles antidoping. Mais après ce rappel des devoirs à remplir, le ministre insiste fortement sur les affiliations : « Pour participer à une compétition de pigeons, toute personne détenant un colombier sur le territoire wallon doit être affilié à la personne morale désignée. » Chaque mot a son importance dans le langage administratif et législatif.

Le ton de la lettre est nettement plus formel. Dans la fin du courrier, il se veut carrément insistant. Carlo Di Antonio effectue un ultime rappel à l’ordre : « Aussi, comme mentionné dans l’arrêté ministériel du 16 février 2017 portant désignation de la personne morale représentative des colombophiles wallons, je tiens dont particulièrement à ce que l’AWC formalise sa collaboration avec la RFCB dans une convention. Cette dernière doit porter au minimum sur :

-       L’affiliation à l’AWC des sociétés colombophiles et des détenteurs de pigeons affiliés à la RFCB ;

-       La désignation des administrateurs de l’AWC à l’Assemblée générale de la RFCB ;

-       La désignation du président de l’AWC au poste de président ou de vice-président de la RFCB.

Par la présente, je vous invite, une nouvelle fois, à mettre tout en œuvre pour collaborer en ce sens, étant persuadé que la poursuite d’un même horizon peut apporter du positif tant sur le plan du bien-être animal, que sur celui de l’exercice harmonieux du sport colombophile en Belgique. Je vous invite à communiquer à l’Administration wallonne toute initiative et action menée en ce sens, ainsi que, je l’espère, les évolutions et concrétisations réalisées. »

Vous la sentez, comme nous, cette différence de ton dans la fin du courrier. C’est poli évidemment mais cela témoigne de l’impatience du ministre à voir les choses avancer. Hors, Di Antonio est comme sœur Anne : son cabinet ne voir rien venir. L’AWC n’a toujours pas été en mesure d’établir une convention en bonne et due forme avec la RFCB. Plus soucieuse d’obtenir de la fédération nationale tel ou tel bâtiment et un « return » financier et l’engagement d’un personnel dédié dans son ébauche de convention, l’AWC en a oublié le principal : les colombophiles, les sociétés et ses propres administrateurs. Nous n’inventons rien puisque ce sont les trois points qui constituent le minimum exigé par le ministre.

Le courrier de Carlo Di Antonio a été transmis aux mandataires. Mais il semble que certains ne l’ont pas reçu dans son intégralité, certains paragraphes disparaissant dans la photocopieuse. « Une erreur de manipulation lors de la disposition des quatre pages sur le scanneur », nous dit-on. Une explication avalée par les mandataires de manière différente selon leur degré d’incrédulité mais la pilule est passée telle quelle. Quand bien même un mandataire a fait remarquer que les copies ne correspondaient pas entièrement à l’originale…

 

WINANDY SE FÂCHE

Si rien n’a avancé à l’AWC, au grand dam du ministre, à qui la faute ? A l’AWC elle-même, pardi ! Certes, la RFCB ne se montre guère entreprenante mais ce n’est pas à elle de faire le travail. La première proposition de convention est restée à l’état de projet. Elle était ambitieuse et précise. Il faut dire que pour la coucher sur papier, l’AWC avait pu compter sur l’aide précieuse d’un spécialiste en la matière à savoir Damien Winandy,  Directeur général de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement au Service Public de Wallonie. Damien Winandy est un haut fonctionnaire, une pointure de l’administration wallonne. A la tête d’un service immense, il a d’autres chats à fouetter que des pigeons. Mais il lui importe tout de même que le dossier « colombophilie wallonne » soit le plus rapidement en conformité avec la législation. Invité personnellement à l’AG de l’AWC qui se tenait le 25 novembre dernier à Jambes, il a décliné l’invitation. Il l’a fait via un e-mail qui tient en quatre lignes si on ne tient pas compte des formules de politesse d’usage. Quatre lignes dans lesquelles il rappelle le courrier du ministre que nous avons évoqué plus haut tout en signant une mise en garde directe à l’AWC. Le directeur du SPW écrit que la question de l’affiliation des colombophiles wallons à l’AWC est désormais d’une extrême urgence. Il pointe du doigt le manque d’initiative de l’AWC et explique que la situation actuelle pourrait mener au constat par les services de contrôle de la DG03 d’une infraction dans le chef de chaque colombophile concerné. Traduction : si un colombophile wallon n’est pas affilié à l’AWC, il sera en infraction. Il ne peut pas jouer, tout simplement. Si une société colombophile wallonne n’est pas affiliée à l’AWC, elle ne pourra organiser aucun concours. Mais la responsabilité de ces infractions serait donc imputée à l’AWC, coupable de n’avoir rien mis en œuvre. Autrement dit, tout le monde serait puni : les colombophiles wallons avec des pigeons contraints de rester dans les colombiers, des sociétés menottées et surtout la perte de sa reconnaissance comme personne morale à l’AWC.

 

ANDRE BAUCHE DEGAINE

On l’aura compris : l’incapacité de l’AWC à se mettre dans les temps en conformité agace les plus hautes instances de l’administration wallonne.  Et l’heure n’est plus au copinage et au tâtonnement. Si M. Winandy se fâche, c’est parce qu’il connait bien le dossier. Il est bien informé. Surtout par André Bauche, à qui l’AWC avait demandé, en ses qualités de colombophile et d’ancien fonctionnaire du SPW de l’Agriculture, d’assumer le lien entre elle et les Autorités wallonnes. Début novembre, André Bauche a rédigé un e-mail à l’attention de M. Winandy avec copie à tous les mandataires de l’AWC. Une transparence totale pour un état des lieux sans concession. Nous avons obtenu ce courriel et en voici un passage éloquent :

 « CONCERNANT LES ELECTIONS DE l’AWC. Il est prévu à l’article 6 des statuts que la composition de l’AG sera renouvelée avec effet au 1er mars 2018 ; la majorité des membres actuels de l’AG avait exprimé le souhait de retenir les mêmes critères d’éligibilité que ceux de la RFCB et d’utiliser la procédure RFCB notamment pour éviter des frais.  Il me semblait au vu de nos conversations que cette procédure minimaliste pourrait être retenue moyennant certaines conditions énumérées dans le rapport, à savoir :

-       Les candidats potentiels wallons à l’élection RFCB devaient se porter, s’ils le souhaitaient, aussi candidat à l’AWC après avoir pris connaissance de ses statuts et s’engager à les respecter ;

-       L’acceptation (ou refus) des candidatures devait ensuite intervenir au sein de l’AWC ;

-       Les principaux mandataires devraient pourtant prendre conscience que si rien ne change rapidement, il en résulte que les compétitions colombophiles seront d’un point de vue juridique interdites en Wallonie dès 2018 (pas d’affiliation prévue des colombophiles à l’AWC pour 2018 , pas d’engagement à faire respecter le bien-être animal dans sa généralité, pas de mandataires élus conformément aux arrêtés wallons, pas de désignation du président amené à fonctionner comme vice-président au sein de la RFCB…) ; la responsabilité en incomberait aux principaux responsables de l’AWC.

Même s’il est vrai que le président national, qui ne le sera plus dès 2018 puisque non réélu comme mandataire lors de la récente élection, n’a jamais rien fait pour arrondir les angles en vue d’arriver à un consensus, il faut néanmoins aussi regretter que jusqu’ici, les deux mandataires wallons au CA de la RFCB se sont montrés étrangement passifs, n’ont jamais pris leurs responsabilités ou pris d’initiatives pour régler le problème. »

Et André Bauche de préciser à M. Winandy et au ministre Di Antonio, également destinataire de cette missive, qu’il « reste à leur disposition tout en leur signifiant que s’il n’y a pas de volonté manifeste des mandataires de l’AWC, et plus particulièrement de son président, de se mettre rapidement en règle avec la loi, il n’est pas question qu’il continue à jouer ce rôle d’intermédiaire et de collaborer avec eux en quoi que ce soit. »

Chacun  tire les leçons qu’il veut mais force est de constater que les plus haut responsables de la colombophilie wallonne n’ont guère la cote auprès des plus hautes instances de l’administration wallonne. Si celle-ci interdit aux pigeons wallons de voler en 2018, on sait à qui on le devra…

Messieurs, on ne vous remercie pas ! 

 


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