TEL un éleveur de pur-sang, Claude Thil tient à sa lignée de champions. Cent dix athlètes à plumes nourris au meilleur grain, lesquels lui ont permis de décrocher la troisième place au championnat de France de colombophilie en 2010.
Claude Thil, 3e au championnat de France. Un pigeonneau est trié sur le volet, fruit d'une reproduction entre pigeons, eux-mêmes sélectionnés (médaillon).
Le Soissonnais est classé pour la cinquième année consécutive parmi les meilleurs. En 2005, il était même double champion de France des as pigeons. La concrétisation d'année d'efforts et de pratique.
Cette 3e place, fruit d'une année de concours hebdomadaires, lui vaudra de représenter les couleurs de la France au championnat d'Europe, en juillet au Portugal, avec un pigeonneau trié sur le volet. Le hasard n'a que peu de place dans la colombophilie. L'accouplement des pigeons est une étape cruciale. La colombiculture permet de sélectionner au mieux les pigeons qui vont s'accoupler, de façon à obtenir le plus beau petit, celui qui volera le plus vite. Le pigeon idéal a les bras courts et une tranche (épaule) épaisse. « On accouple un pigeon long avec un court, un vieux mâle avec une jeune femelle, etc. », explique le colombophile qui a aussi quelques secrets de fabrication qu'il préfère taire…
L'enjeu n'est pas financier. La colombophilie est une passion coûteuse qui ne rapporte pas beaucoup, sinon des coupes et médailles, dont la maison de M. Thil est remplie, au grand dam de Madame qui déplore parfois ces nids à poussière. Monsieur a fait son trou dans la discipline. « Je joue pour gagner », confie-t-il. Ce qui réclame une abnégation de tous les instants. Trois heures de soins par jour, sans compter les périodes d'accouplement, pendant lesquelles il disparaît des journées entières, tel un scientifique reclus dans son laboratoire pour expérimenter ses formules.
Boussole interne
Reste un mystère pas totalement élucidé et qui fait la magie de cette pratique : comment font ces pigeons, lâchés à Toulouse ou Barcelone, pour retrouver leur bercail soissonnais sans jamais commettre d'écart de trajectoire ? Ils sont guidés par une boussole interne et motivés par la perspective de retrouver un mâle ou une femelle qu'on leur aura mis sous le bec juste avant leur départ en camion pour le lieu du lâcher. Ce qui fait dire à Claude, dans une envolée poétique, que la colombophilie est « une discipline de l'amour ».
Le pigeonneau partira bientôt avec son certificat de pedigree sous l'aile pour le Portugal où il concourra en vue de la finale, à laquelle seuls 1 500 pigeons européens participeront. Nul doute qu'il y parviendra. Il est d'une excellente souche. Son paternel, on l'appelle l'étalon.
Source: L'Union Presse







