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Au milieu des cigales, peu de fourmis !

Posté le 11/10/2017, Auteur: info@pitts.be


A quelques heures de la clôture des élections fédérales en colombophilie, vous êtes déjà nombreux à avoir renvoyé votre bulletin de vote. Si vous ne l’avez pas encore fait, ça urge ! Chacun aura voté en âme et conscience. Rien ne va plus ! Les jeux sont faits !

Le dépouillement, il faut l’espérer, suivra un déroulement sans heurt. Pas vraiment comme le vote, embrouillé en Wallonie avec une incroyable erreur d’envoi des bulletins. Ceux imprimés en bleu n’étaient pas les bons, on a donc vite renvoyé un bulletin imprimé en rouge. La faute à qui, à quoi ? L’organisation en EPR et non plus en province a bon dos. Il y a eu erreur. Elle est certes humaine mais reconnaissons que ça fait mauvais genre. La colombophilie wallonne n’avait pas besoin de ça. Son image déjà écornée en a été encore plus atteinte. Parfois, on en aurait envie de sourire mais du rire aux larmes, la marge est mince.

afbeelding1.jpg | Pitts

Quand on dit que chacun a voté en « âme et conscience », c’est aussi un recours à une locution éculée, galvaudée. Car, comme pour les prochaines élections communales, régionales, ou fédérales, qu’est-ce qui motive réellement la façon dont on remplit un bulletin de vote ? Les actes politiques, le travail de fond du candidat ? Ou plutôt le fait que l’on pense le connaître, qu’il a plutôt l’air sympa ? En somme, ne vote-t-on pas le plus souvent pour l’image que l’on se fait personnellement du candidat que pour ce qu’il est réellement ? Posez-vous la question sérieusement pendant un court instant. Soyez honnête avec vous-même. Dans 99% des cas, on vote pour l’image qu’on se fait de quelqu’une ou quelqu’un. On le trouve sympa, sur base d’une ou plusieurs rencontres, furtives ou pas, sur base de ce qu’on en a lu, vu, entendu. C’est ainsi depuis que les Grecs ont inventé la démocratie, et que l’homme en a rapidement fait ce qu’il en a voulu. Car on est loin désormais de la définition et des valeurs définies par les Grecs. En somme, le peuple (la majorité) désigne ses représentants (une infime minorité) auxquels il délègue sa voix, son pouvoir. Il n’aura pas fallu trois mille ans pour que la belle utopie soit dévoyée…

 

VISION ETRIQUEE

Avant de parler plus précisément de colombophilie, poursuivons un peu plus cette entame « politique ». En 2017, et 2018 ne fera que confirmer cette tendance, elle est souffrante, agonisante, cette « démocratie ». On en est plus que jamais à l’heure du « tous pourris ». La défiance des électeurs est croissante. Le fossé est énorme entre les électeurs et les responsables politiques. Une pluie de scandales, de promesses non tenues et un florilège de mensonges ne sont que les causes les plus criantes. Ajoutez à cela une crise socio-économique dont les uns (les « grands patrons » ou les marchands de vent) vous disent qu’elle est déjà dernière nous alors que les autres (nous) la subissent de plein fouet. L’Histoire est un éternel recommencement. Elle est faite de cycles. Celui dans lequel nous sommes plongés est celui du repli sur soi, de la peur de l’autre, du chacun pour sa gueule, du ras-le-bol de tout ou presque, de l’épuisement à pouvoir jouir du fruit de son travail, de l’impression d’être pressé comme un citron. Dans l’Histoire, ce cycle-là se présente toujours avant une période trouble, au mieux, ou terrifiante, au pire : guerre civile ou révolution ou dictature ou tout ensemble. Après laquelle suit le cycle du retour à la liberté, au travail plutôt qu’au chômage, à l’entraide, la sociabilité, etc. Période durant laquelle, tout le monde y trouve son compte : les entrepreneurs font de nouveau des affaires et la classe moyenne du travail. Capitalistes et prolétaires : tous heu-reux !

Pourquoi cette longue introduction politique ? Pour prendre le recul nécessaire sur la période que nous vivons. Ou que nous subissons, chacun son tempérament. Car qu’on le veuille ou non, ces élections fédérales colombophiles se déroulent dans un contexte socio-économiques précis, propre à son époque. Et ce contexte général influence aussi les élections de la RFCB, comme n’importe quelle élection d’ailleurs, fût-elle d’un cercle de bridge, d’un comité de pêcheurs ou d’un club de pétanque.

Vous en doutez ? Vous pensez que nous délirons ? Prenez un peu de hauteur, comme vos pigeons, et regardez bien. Alors, elle ressemble à quoi la colombophilie en 2017 ? N’est-elle pas elle aussi atteinte du « chacun pour sa gueule », du « repli sur soi », du « tous pourris », de la « peur de l’autre » ? Arrêtons avec les « Cela a toujours été comme ça en colombophilie » ! Evidemment qu’il y a toujours des égoïstes. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question. Admettez que, plus que jamais dans l’histoire dans ce sport, la vision s’est rétrécie. On est passé de la sacro-sainte guéguerre communautaire nord-sud à ne voir que sa propre région, puis sa propre province, puis son entente ou sa société et enfin à ne plus voir que son petit rayon. Et à ce que chacun ne voit que son propre colombier, tremblez car nous y sommes presque !

Gardez la hauteur prise et que voyez-vous d’autres ? Plus de cigales que de fourmis mais encore ? Ils sont tout de même visibles ces gens qui voient les choses comme ils pissent, c’est-à-dire d’une main et pas très loin, qui par des e-mails savamment distillés, qui par des sites internet confinés à des régions congrues, qui par les réseaux sociaux. Chacun croit détenir la vérité. Danger ! Si la démocratie est devenue un leurre, c’est aussi à cause de ces autoproclamés détenteurs de la vérité, de la sainte parole, lesquels seraient mieux informés que tout le monde (vous) et surtout plus malins que vous. Quand quelqu’un crie au « tous pourris », hurle sans cesse quand une caravane (officielle ou non) passe, il nuit bien plus au processus démocratique que ceux qu’il entend dénoncer.  Non seulement, ils pissent court et d’une seule main mais en plus c’est du vinaigre. Il faut toujours se méfier de ceux qui disent que « ce n’est pas la taille qui compte ». Généralement, ceux-là ont justement un problème de taille.

 

LA TAILLE, CA COMPTE !

La colombophilie aussi en a un. Même deux ou trois, à vrai dire. C’est pourquoi l’acte que vous avez posé en votant ne changera pas l’Histoire mais il la façonnera. Pour les prochaines années à tout le moins. Croire et faire croire que la modernisation initiée est l’arrêt de mort du sport colombophile est un mensonge. Certes, elle en laissera certains sur le carreau. C’est inévitable. Mais en même temps, cette modernisation polira ce vieux caillou colombophile pour en faire un joyau de son temps et ainsi attirer de nouveaux passionnés. Des colombophiles en devenir qui s’ignorent car l’image actuelle, le jeu actuel, la mentalité actuelle ne leur correspondent pas. M’enfin ! Joue-t-on encore au foot avec des crampons à clouer, des ballons cousus d’un lacet de cuir et qui prennent l’eau ? Pédale-t-on encore avec des pneus de secours enroulés autour du torse, avec une bécane de 25 kilos, s’arrête-t-on en pleine étape au café du coin pour le ravitaillement ? Non. Ce qui est certain, c’est que sur un terrain de foot, il faut toujours courir plus que l’autre, dribbler mieux et marquer plus de buts que l’autre et qu’en vélo, il faut toujours pousser sur les pédales (avec aide électrique ou pas). Tout ça, pour dire que tous les sports évoluent avec leur temps tout en gardant les murs porteurs, la chape fondatrice.

En plus d’avoir voté, votre rôle de colombophile, jouez-le à chaque instant. Faites-vous entendre ailleurs qu’au local (et si vous n’y allez plus, retournez-y !), soyez plus que jamais attentif aux contours que va épouser votre passion car la nouvelle équipe dirigeante que vous êtes en train de mettre en place aura des décisions importantes à prendre.

C’est bon, vous pouvez redescendre et aller dans votre colombier !

                                                                                                                                        HUPEZ  


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