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Christian Goulem : où Wallons-nous?

Posté le 27/09/2017, Auteur: info@pitts.be


Vice-président de la RFCB, président de l’AWC, le Tournaisien Christian Goulem est un vieux loup de mer en matière d’élections fédérales. Actif dans la colombophilie depuis plus de 40 ans, il est devenu un peu malgré lui l’homme qui doit mener à bien l’accouchement obligatoire de la régionalisation de la colombophilie. Pourquoi malgré lui ? Parce que cette régionalisation, elle a été imposée par la sixième réforme de l’Etat. Paf ! Comme ça, en plein mandat. Et si la période de gestation est nettement plus longue que les neuf mois qu’assument nos chères mamans, force est de constater que le l’on connaît désormais le sexe du nouveau-né et que la naissance approche à grands pas. Et comme il reviendra au président de l’AWC de couper le cordon ombilical, il y a de fortes chances que l’honneur reviendra à Christian Goulem, bien placé pour se succéder à lui-même. Sauf (énorme) surprise électorale bien entendu.

Les colombophiles wallons pensent qu’ils ont le choix mais ils ne l’ont pas. On ne peut pas, en bon citoyen, aller à l’encontre d’une réforme de l’Etat. De fait, un résident wallon sera automatiquement affilié à l’AWC. Elle-même ralliée à la fédération faîtière, la RFCB. C’est comme ça, pas le choix. Et lorsque la septième réforme de l’Etat verra le jour, ce qui sera le cas dès les prochaines élections puisque les partis flamands ont déjà annoncé la couleur, il y aura de nouvelles compétences qui seront transférées de l’état fédéral aux Régions. Mais pas de panique, peu de chance que cela concerne encore de près ou de loin la colombophilie. La Belgique continue de se détricoter en temps qu’état, c’est la volonté des pontes du nord du pays.

Cette création de l’AWC a déjà fait couler beaucoup d’encre, et plus encore de salive. On vient de connaître une saison 2017 avec encore plus de concours sous l’égide AWC. Une saison toutefois catastrophique pour les Wallons dans les Nationaux, hormis quelques d’éclat trop épars. Rencontre avec le premier colombophile wallon à l’aube des élections.

« GARDER LE LABEL NATIONAL »

Christian Goulem ne le cache pas. S’il s’engage dans un nouveau mandat, c’est avec comme priorité la finalisation de la régionalisation : « Elle est en route depuis longtemps maintenant et on n’a pas le choix, il faut la mener à bien. Cela prend du temps mais on veut bien faire les choses. Ce que cette régionalisation signifie, c’est que c’est à l’AWC qu’il revient de gérer les adhérents wallons, de soumettre le calendrier des concours de vitesse et de demi-fond à la Région Wallonne, d’en assumer la responsabilité pour les normes du transport et le bon déroulement, et en matière de contrôle antidoping de proposer les contrôleurs à la  du Ministre Wallon du bien-être animal. Pour les concours nationaux, il n’y a rien qui change, c’est logique. Voilà ce qu’implique cette régionalisation. »

On est loin des volontés de scission complètes. « Cela n’aurait aucun sens ni d’intérêt pour personne. Ni pour les Wallons, ni pour les Flamands. Le cachet d’un concours national, tout le monde souhaite le garder intact. Même pour les Flamands, il y aurait beaucoup à perdre en laissant tomber cette appellation. Et pour les Wallons, même si la domination flamande est flagrante, l’intérêt d’un National est sans commune mesure avec un interprovincial. »

Pesant chaque mot qu’il prononce, car en bon professeur il en connait le sens exact, Christian Goulem souhaite d’ailleurs profiter de cette régionalisation pour amener sur la table une discussion de fond sur les concours de vitesse et demi-fond. « Je ne suis pas du genre à imposer les choses. Il faudra qu’on trouve une solution tous ensemble mais un certain nombre de choses sont à mettre sur la table. On verra ce qu’il sortira de la discussion pour une solution qui agrée le plus grand nombre. Sur le sujet de la vitesse notamment. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut regrouper davantage les lâchers. Je ne dis que le lâcher unique est la seule issue valable. Il faut à tout le moins diminuer le nombre de lâchers. Il faudrait aussi amener chacun à comprendre que respecter sa ligne de vol est primordial. En vitesse et en petit demi-fond, ce sont les sujets prioritaires à traiter. La solution, elle doit venir des ententes et des sociétés. L’histoire nous a souvent démontré que les choses imposées de force fonctionnent mal. C’est nettement plus productif et durable lorsque chacun adhère, après une discussion, à une solution qui vient des principaux concernés. Par exemple, les plus beaux regroupements dans le Hainaut sont ceux qui sont nés de la volonté générale, pas ceux qui ont été imposés. »

LES CONCOURS AWC SANS LES FLAMANDS ?

Cette saison 2017 avec un joli lot de concours estampillés AWC offre la possibilité aux mandataires wallons de tirer les premières vraies leçons. Quel bilan en tirer ? « Un bilan très positif car la majorité des concours se sont bien déroulé. Il y a eu un ou deux couacs et on doit évidemment en retenir les raisons et faire en sorte de ne pas les répéter. Il y a clairement quelques changements à apporter. De nombreux amateurs me font part de leur mécontentement de voir des colombophiles résidents en Région flamande participer à ces concours. Ils souhaitent que les concours AWC soient exclusivement réservés aux Wallons. J’entends bien et il s’agira d’amener aussi ce sujet sur la table. Une nouvelle fois, je n’impose rien. Je ne décide pas seul. Mais on ne fera pas l’économie d’un changement de règlement sur ce point précis. Les futurs mandataires devront trouver une solution ensemble. »

Avec le retour annoncé du Montélimar dans le calendrier National (voir l’interview de Stefaan Van Bockstaele), le calendrier de l’AWC ne connaîtra qu’une poignée de modifications. « Nous avons une belle saison AWC parce que nous avons bénéficié de la reconfiguration du calendrier des Nationaux par la RFCB. Il faut le reconnaître. Avec un National une semaine sur deux, ça nous donnait de belles possibilités. Je suis conscient que d’autres concours que le Montélimar redeviendraient nationaux si on suivait les volontés de certains colombophiles. Mais il faut une colombophilie qui conviennent à tous les styles de colombophiles. Il y a des amateurs qui ne jouent que le fond, d’autres que la vitesse, certains qui veulent et peuvent tout jouer ou presque, il faut de tout. Satisfaire à 100% tout le monde est impossible. Mais il faut tenir compte de chaque profil, ne pas exclure une catégorie d’amateurs avec une saison déséquilibrée. Dans ma région, à Tournai, il n’y a qu’une poignée de joueurs enlogeant sur la ligne du Rhône mais je sais que ce type de concours séduit ailleurs. Il ne faut pas avoir une vue étriquée. On a déjà perdu suffisamment de colombophiles. Alors, faisons en sorte de les garder et même d’en gagner de nouveaux.  On a tout de même souffert dans les Nationaux, nous, les Wallons. Une saison terriblement difficile. On ne retrouve qu’une poignée de Wallons classés dans les différents championnats nationaux. C’est toujours difficile contre la masse du nord mais il y avait longtemps que j’avais une saison comme celle-ci. »

Dans les concours nationaux et internationaux de la RFCB, Christian Goulem ne relève qu’un point vraiment problématique : « Wprol est un vrai problème. Ce programme n’était pas prêt, on attend encore une foule de résultats. On en avait déjà parlé avec le président Stefaan Van Bockstaele. On s’était dit qu’une année de test avant de vraiment se lancer serait l’idéal. Mais le vote pour foncer directement avec un système encore plein d’inconnues l’a tout de même emporté. On voit ce qu’il en est. Il manque bel et bien une année de test qui aurait permis au programme de faire ses maladies de jeunesse. Pour le reste, ne comptez pas sur moi pour dire que tout est à jeter à la fédération nationale car ce n’est pas vrai. »

LA RAISON DE SES VOTES ABSTENTIONNISTES

On l’aura compris, Christian Goulem fuit les comportements conflictuels. De là à adopter une attitude totalement abstentionniste lors des AG de la RFCB, il y a une marge. Mais le Tournaisien l’enjambe cette marge ! Quelle est la véritable signification de cette attitude abstentionniste. On ne croit pas une seule seconde que le président de l’AWC n’a pas d’avis, pas d’idée sur les sujets soumis au vote.  Alors ? « Je fais ce choix car je suis le plus souvent pris en porte-à-faux par rapport au Conseil de Gérance National. Au Comité Sportif, il y une parité nord-sud. Mais il n’y a que là. Sur ce qui est soumis au vote, je n’obtiens pas le soutien nécessaire sur une proposition et sur les autres, quel que soit mon avis, le vote est acquis d’avance. Dès lors, je choisis l’abstention qui est un vote qui démontre à la fois mon désaccord et ma volonté de ne pas nuire pour le plaisir mais d’être constructif. Je ne vois pas les choses sous un angle continuellement belliqueux entre le nord et le sud. En même temps, les faits sont là : hormis au Comité Sportif, la balance penche au nord partout ailleurs. »

Les Flamands qui demeurent organisés par province grâce à l’abaissement de certains quotas (ce qui permet au Limbourg de rester dans les lignes), les Wallons en EPR, c’est aussi une différence notoire entre les deux parties du pays. Une envie de changement de ce côté ? « On vient de vivre la première mandature avec la formule des EPR. Je pense qu’on peut se montrer satisfait  dans l’EPR Hainaut-Brabant Wallon. On tente de penser les choses comme si nous formions une province unique depuis toujours. Cela se passe plutôt bien. C’est moins le cas dans l’autre EPR. On semble ne pas être sur le même diapason entre les Luxembourgeois, les Liégeois et les Namurois. Je suis d’accord avec Stefaan Van Bockstaele lorsqu’il leur rappelle, en réunion, qu’ils doivent davantage penser et agir comme s’il s’agissait d’une seule province. Pour que la formule EPR fonctionne, il faut penser en EPR, pas chacun pour sa province. »

Enfin, ce n’est pas parce qu’on n’aime les situations conflictuelles qu’on ne montre jamais les dents. Christian Goulem le démontre lorsqu’on évoque avec lui les colombophiles wallons qui vont enloger leurs pigeons dans des pays voisins. « Ah ! Cela, ça devient vraiment problématique quand j’entends que la tendance se propage. Statutairement, c’est interdit. Un colombophile affilié en Belgique ne peut pas jouer dans une fédération étrangère, c’est aussi simple que ça. De mon côté, à Tournai, je rappelle à l’ordre ceux qui vont enloger en France. Je sais que la pratique se fait aussi ouvertement pour des colombophiles du Centre et du Hainaut Oriental qui vont enloger à Maubeuge. Je ne suis pas d’accord car ce n’est pas réglementaire. C’est aussi l’un de sujets qui sera soumis à la discussion pour les prochains mandataires. Mon avis est qu’il faut se montrer plus présent en rappelant le règlement et les statuts à ceux qui ne les respectent pas. »

 


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