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« Dur, Dur ! »

Posté le 20/07/2017, Auteur: info@pitts.be


Week-end catastrophe, je suis comme un blaireau percuté sur le bord de la route. Sur le dos, raide, les pattes en l'air.

Avez-vous cette image désespérante en tête ?

C'est moi, les présentations sont faites.

Que s'est il passé pour que j'en arrive là ? J'ai engagé mes jeunes au concours !

Comme nombre d'entre vous, l'hiver dernier a été l'objet d'une nouvelle quête du Graal. Le reproducteur philosophal. Celui-là même qui, accouplé avec n'importe quelle partenaire, fera émerger la lumière d'entre les ténèbres ! Bon… plus classiquement celui qui engendrera cracks sur cracks.

J'ai donc acheté, accouplé, élevé, élevé, élevé. Grâce à mon ami Jacky, un superbe élevage dans un hiver parfois rigoureux. J'en sors 30 hâtifs, tous bagués autour du 1er janvier.

Je trie à la main, tri subjectif mais il faut bien que mes pigeons me plaisent, puis commencent les différentes éducations.

Mise en panier, apprentissage de l'abreuvoir et de la mangeoire. Jusque là, tout va bien.

Les alentours sont connus, le vol en peloton acquis.

Rapidement, il est temps d'attaquer les premiers entrainements. Au début, au bout du jardin puis les distances s'allongent progressivement.

Je peux leur consacrer du temps puisque ma jeune génération est la seule dont j'ai à m'occuper.

Je multiplie les petites étapes jusqu'à 30 kms.

Un entrainement se passe mal. Vent de nord + lignes à haute tension = retours accidentés. Regrettable mais ce sont les risques du métier.

Nous sommes début mai, mes jeunes sont bien préparés. Hélas ! Le programme ne débute que vers le 10 juin. Je ronge mon frein et, avec le recul, j'aurais mieux fait de continuer.

Ça y est ! Nous y sommes ! Enfin presque... La réalité, c'est que je n'ai pas pu me retenir.

J'ai décidé d'engager mon équipe ce week-end.

Nous sommes alors le vendredi 2 juin. Ce n'est pas un concours de jeunes mais j'ai eu l'autorisation des organisateurs de les enloger à l'entrainement. Très bien ! Mon but étant de leur donner de l'expérience, non pas de participer aux championnats cette année.

La météo s'annonce mauvaise pour samedi mais très clémente pour dimanche. Prévisions météo à double tranchant. Personne ne lâchera samedi, il y aura donc du monde dans le ciel dimanche mais il fera beau. Comme prévu, tous les concours du samedi 3 sont reportés au dimanche 4.

Par je ne sais trop quel élan de lucidité, je décide donc de couper mon équipe en 2. Dimanche matin 4 juin. Il fait beau temps. Tout le monde lâche partout. Nous comme les autres. Nous avec les autres. Super !

Badaboum, patatras et paf le blaireau !

Je dois vous situer géographiquement mon colombier.

Je suis dans la vallée de l'Eure en Haute Normandie à une quarantaine de kilomètres au nord du lâcher de Fontenay sur Eure. À cet endroit, la vallée est idéalement orientée Nord / Sud...

Fontenay est le lâcher le plus proche mais si on regarde un peu plus au sud nous retrouvons pour ne citer qu'eux Tours, Le Mans, Sablé S/Sarthe, Orléans, Bourges, Poitiers ...

Tracez au départ de ces points un axe Sud-Nord, incorporez à celui-ci une légère dérive liée aux allures portantes et saupoudrez le tout d'un soupçon de délire de persécution, vous obtenez la recette qui conduit toute l'Europe colombophile à passer au dessus de chez moi.

De 8h à 14h, non stop j'ai vu passer des « millions » de pigeons.

J'ai vite compris que mon entrainement allait tourner au vinaigre.

J'ai quand même espéré. Un jeune est arrivé en même temps que les prix chez mes collègues de société et puis plus rien. Chez les autres, même constat ! Les vieux rentraient bon gré mal gré mais de toutes les directions, les yearlings volaient en direction du Septentrion...

J'avais donc décidé, et j'avais bien fait, de couper mon équipe en deux. Là où j'avais manqué d'anticipation, c'est que j'avais choisi le sexe comme critère de sélection. J'ai donc enlogé toutes mes jeunes femelles. Elles étaient bien, certaines dans de bonnes positions de nid. Compte tenu de leur préparation et de leur santé, cet entrainement aurait du être une formalité.

En milieu d'après-midi, une 2e est arrivée après 8h de vol (une formalité !), et puis… et puis… Et puis,… terminé pour la journée ! Je souhaitais leur donner de l'expérience, elles ont été servies.

Le mardi 13 juin, une 8ème sur 10 revenait... Fatiguée, un peu blessée mais pas « grillée ». Des pigeons ont été signalés (oui oui, ça arrive) dans le nord de la France et en Belgique.

Dur, Dur !

Loin de moi l'idée de jeter la pierre aux organisateurs qui bien souvent y consacrent tout leur temps libre et dont les pigeons sont avec les nôtres, je fais juste un constat « aigre-doux ». Je regrette qu'une saison (voir 2 si tous les jeunes disparaissent) puisse être à ce point compromise par un lâcher prématuré. Un lâcher dont on ne pourra tirer aucune conclusion sur la qualité des revenants.

Je suis relativement « jeune », j'ai une envie inoxydable, je suis de retour aux « affaires » après des années de sevrage imposé par la vie, mon chemin (re)débute : la vie est belle !

Mais si j'avais été démobilisé par les quelques dernières saisons compliquées, si mon âge rendait tout plus compliqué, si les rapaces se servaient de ma colonie comme d'un garde-manger, si l'ambiance dans mon bureau d'enlogement était délétère (que sais-je d'autre?) alors c'est certain suite à ce concours j'aurais été comme ce blaireau percuté au bord de la route : sur le dos, raide et les pattes en l’air !

                                                                                                                          TEAM PL


Vue d'ensemble d' actua

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