Pitts-globePitts-loginPitts-premiumPitts-registerPitts-search

La Colombophilie au Québec

Posté le 11/10/2017, Auteur: info@pitts.be


C’est à 30km au Nord de Montréal que j’ai assisté à l’enlogement des pigeonneaux pour une course de vitesse le 16 septembre 2017. Le lendemain je suis allé chez un Colombophile à l’Ile Perrot dans la banlieue Sud. Avant de vous parler de ces rencontres très sympathiques, faisons un bilan de l’origine de notre passion dans ce pays où la différence de température entre l’hiver et l’été peut aller jusqu’à presque 70°, soit moins 30 à moins 40 l’hiver et plus 35 l’été. De plus l’hiver est long surtout lorsqu’on arrive en mars avril.

 

 

Origine de la Colombophilie au Québec.

Celle-ci a été fondée par des amateurs Belges Wallons et Flamands immigrés dans les années 1880 vers le Canada suite à l’agitation ouvrière en Wallonie et aux tensions sociales dans les Flandres. Ces premiers arrivants se sont installés principalement vers le Québec et le Manitoba qui sont perçus comme des terres d’accueil francophone et catholiques. Les Flamands choisissent Laval contigu à Montréal et les Wallons s’installent à Montréal. Ces migrants sont arrivés à New York par bateau, puis sont venus à Montréal par le train avec des pigeons voyageurs dans leurs valises. En 1893, le premier concours est organisé à 20km avec transport par train et sans constateur, ni bague caoutchouc qui a pourtant été créée en 1888 par le Français Jules Rosoor. La première société est le club de Montréal, puis en 1908 c’est l’Association Colombophile Indépendante de Montréal qui voit le jour avec plus de 40 Belges qui arrivaient au Québec en grand nombre jusqu’à la première guerre mondiale. Les Québecois fondent leur société en 1910 et commencent à participer aux concours. Les colombiers se trouvent en ville, sont petits et comptent jusqu’à 24 voir 30 pigeons. La ligne de vol est celle de l’Ouest vers Toronto le long de la voie ferrée car le transport se fait par train jusqu’en 1966, date à laquelle les camions ont pris le relais. Notre sport s’est développé puisque jusqu’à 41 sociétés furent  en activité, mais aujourd’hui au Québec il n’en reste que 3, « la Jacques Cartier » au Sud de Montréal et 2 au Nord, la Laval et l’Asomption. Elles forment la fédération du Québec dont le président est Ovi SIMON et la secrétaire Lise qui m’a beaucoup aidé pour rencontrer des amateurs. Durant la seconde guerre une loi oblige les amateurs à obtenir un permis pour détenir des pigeons, puis cette loi a été abrogée rapidement, mais les villes ont institué des règles pour limiter la construction de colombiers. Comme chez nous, la population ne connaît pas la Colombophilie, encore moins les services rendus.

 

Organisation de la Colombophilie.

 En 2017, il y a 22 amateurs joueurs à la fédération du Québec et une centaine qui ne jouent plus car trop âgés. Il existe aussi la Canadian Racing Pigeon Union, mais ces institutions sont indépendantes et la licence n’est pas obligatoire.

On estime à 1000 le nombre de colombophiles dont 660 sont licenciés. C’est la province de l’Ontario qui compte le plus d’amateurs, environ 700. On constate la même chose que chez nous, les jeunes ne sont pas attirés. Il y a un transfert vers les pigeons de fantaisie pour éviter les contraintes liées à notre sport. La bague matricule vaut 0.75 Cad soit 0.51 euro.

Partout au Canada, le nombre est en régression et au Québec, beaucoup de colombophiles récents sont des nouveaux arrivants qui avaient des pigeons dans leur pays d’origine. C’est ainsi que j’ai rencontré des Roumains, Polonais, Italiens, Marocain, Grecs. En 1960, il y a 400 amateurs dont 90 participent aux courses de plus de 400km. En 1930, les anciens disent qu’il y avait un colombier toutes les 3 maisons ! Surtout des éleveurs pour la viande.

 

Organisation des concours.

 Comme partout dans le monde, c’est le climat, surtout la température qui déterminent  la saison des courses. Au Québec la saison débute mi mai et se termine mi septembre. Depuis 10 ans il est impossible de lâcher les pigeons en automne, hiver et début du printemps à cause du grand nombre de rapaces qui viennent passer l’hiver dans la région de Montréal. Ceci est un vrai problème même durant la saison sportive.

Vu l’étendue du territoire, le Québec est 3.25 fois plus grand que la France, la distance du Canada Est/Ouest, environ 7000km, donc pas de possibilité d’organiser des concours nationaux. La ligne de vol a évolué et aujourd’hui c’est  Toronto qui est choisi, vers l’Ouest.  Les distances entre chaque société étant importantes, les lâchers sont séparés pour les vitesses et classés séparément. Au dessus de 300km, les pigeons sont lâchés ensemble et un classement général. Pour les jeunes les 3 premiers concours sont lâchés à ½ heure d’intervalle, puis ensemble en fonction de la distance. Les amateurs ont une moyenne de 80 pigeons et les contingents sont faibles donc un quotat minimum est fixé à partir de 300km, il faut 3 amateurs et 30 pigeons. Il est même arrivé qu’un concours de fond rassemble 35 pigeons au Québec, donc ces pigeons sont emmenés dans l’Ontario vers un autre centre d’enlogement pour participer aux courses de fond.

 

Le jeu. Les origines. Les soins.

Les méthodes pratiquées sont, naturel, veuvage, veuvage total, occultation. Les pigeons sont motivés et nourris comme chez nous, par contre pas de vétérinaire spécialisé pigeons, et produits commandés par internet. Le web permet aux amateurs de se renseigner sur la façon de jouer. Ils vont voir les blogs comme celui de Aviator’s loft ou Schaerlaeckens pour s’instruire.

Les classements se font par 1 prix par 4.

Les pigeons sont d’origines Belges et Hollandaises et sont introduits via les USA. On trouve les anciennes souches introduites il y a 40 ou 50 ans,  Fabry, Cattrysse, Sion, Meulemans, Aarden croisés. On peut introduire des pigeons d’Europe directement après une mise en quarantaine et un certificat d’importation. Suite au problème d’adaptation au climat rude, les résultats des descendants des pigeons introduits demandent plusieurs générations.

En fin de saison, remise des prix avec trophée et diplôme suivant les résultats et la société.

Il n’y a de cas de grippe aviaire, ni d’obligation de vaccination contre la paramyxovirose. 3 cas sont décelés dans les années 1980 et depuis aucun problème au Québec. Les amateurs pensent que les hivers très froids protègent leurs pigeons de cette maladie.

 

Conclusion.

 Une chose est certaine, il fait bon vivre au Québec pour plusieurs raisons, la qualité de la vie au niveau pollution et aussi au niveau travail. Pas de stress et des salaires très convenables pour une vie pas plus chère que chez nous. Beaucoup d’espaces verts, pas d’embouteillages sur les routes hormis Québec et Montréal. Ajoutez à cela l’accueil cordial des Québécois qui adorent les Français et défendent notre langue.

Par contre si vous voulez vivre au Québec et pratiquer notre hobby, vous n’aurez pas les mêmes satisfactions que chez nous. Les concours sont moins nombreux avec moins de pigeons et les colombiers sont très éloignés les uns des autres.

J’ai assisté à l’enlogement comme chez nous, convivialité, matériel Unikon, quelques constateurs manuels, paniers en osier, transport par remorque, pigeons en excellent état. Je remercie Ovi SIMON le président de la fédération du Québec et Lise ST-JEAN secrétaire, Camille MENIER pour l’accueil qu’ils m’ont réservé et les informations fournies.

 

                                                                                         


Vue d'ensemble d' actua

Reageren


Om te reageren dient u aangemeld te zijn.
Retour en haut de page