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Les news du ciel

Posté le 22/02/2018, Auteur: pitts


Partons vers l’est, vers l’Asie. Et parlons chiffres. Entre les dépenses incroyables de Chinois fortunés et la passion viscérale d’amateurs du Bengladesh, une seule différence : les moyens financiers.

L’année 2017 a été riche (le mot est choisi) en records de vente. On est déjà loin des 360.000€ claqués au printemps pour le sprinteur Golden Prince par un étrange duo sud-africain composé d’un vrai colombophile et d’un fau prophète. Durant l’été, un milliardaire chinois bien connu des amateurs belges s’offrait Nadine, As-pigeon belge Gd Fond Yearling pour 400.000€ avant de craquer pour un autre champion en décembre dernier pour 475.000€. Mais il n’établissait pas un nouveau record puisque, entre ses deux achats, un nouveau record de vente avait été établi par l’un de ses compatriotes qui avait déboursé 500.000€ pour l’As-pigeon all-round de Marcus Boboc.

Des sommes astronomiques, gigantesques. Et pourtant, personne ne peut prédire quelle sera le plafond. Personne !

 

Tentons de comprendre ce phénomène.

La seule clé de compréhension adaptée au phénomène est  l’analyse financière. La colombophilie est un marché économique. Elle l’a toujours été. Certains marchés s’effondrent, d’autres sont stables et durables, certains naissent, grandissent et explosent. Comme pour tous les marchés économiques, l’expansion du marché colombophile est due eb grande partie à la mondialisation.

En vase plus clos (la Belgique et les pays voisins), on n’aurait jamais atteint des sommes pareilles. Il suffit de voir l’évolution du marché interne pour se rendre compte que l’inflation des prix du marché belgo-belge suit une courbe progressive mais nullement démesurée.

Pour atteindre des hommes aussi élevées que celles citées en introduction, des pigeons de grandes qualités ne suffisent pas. Il faut des aussi et surtout des acheteurs qui ont de gros moyens. Des gens très fortunés, on en trouve un peu partout sur le globe. Mais il y a trois endroits sur la planète où le nombre de millionnaires est en constante progression : le golfe persique, l’Inde et la Chine. On connaît quelques qataris colombophiles mais ils sont bien plus attirés par le foot, la Formule 1 ou les chevaux. L’Inde est un cas particulier. Reste donc la Chine, un pays où l’on s’intéresse depuis de nombreuses années aux courses de pigeons. Et c’est effectivement la bonne piste pour comprendre comment on a pu exploser quatre fois le record de vente pour un pigeon en 2017 et atteindre le cap du demi-million d’euros.

 

C’est le très sérieux journal « The Financial Times » qui s’est penché sur le sujet. Un groupe d'élite de colombophiles chinois a fait grimper les prix des pigeons de concours, reflétant une vague d'exubérance parmi les riches chinois suite à une reprise de la croissance économique et des prix des actifs qui ont soutenu des dépenses luxueuses.

Xing Wei, un magnat de la propriété aussi connu sous le nom de « Kaier », a payé 400.000€ pour acheter un pigeon belge appelé Nadine. Il a aussi dépensé 420.000€ lors d’une vente aux enchères à Pékin en décembre dernier pour l'achat d'un pigeon appelé Extreme Speed ​​Goddess.

« Quand les récompenses sont élevées, les hommes courageux doivent émerger », a déclaré Chen Shiyi, l'éleveur d’Extreme Speed Godess, fraîchement venu d'une visite au siège social de son entreprise de cosmétiques dans la ville orientale de Yiwu, qui abrite des centaines de pigeons.

La hausse des prix des biens immobiliers et des actions en bourse dans ce domaine a permis aux 2000 Chinois les plus riches de voir leur fortune encore augmenter de près de 13% l'année dernière. Le nombre de personnes connues pour posséder des actifs au-dessus de 300 millions de dollars a augmenté plus vite au cours de 2017 que sur toute la de la décennie précédente, a déclaré Rupert Hoogewerf, le compilateur de « la liste des plus grandes fortunes de Chine ».

Après des années de déclin suite à la campagne anti-corruption lancée par le président Xi Jinping en 2012, les ventes de produits de luxe en Chine ont augmenté de 20% l'an dernier, selon Bain. Les ventes aux enchères d'art à Shanghai ont connu une croissance de 42% l'année dernière, selon le cabinet de conseil ArtTactic.

Les initiés de la colombophilie affirment qu'une demi-douzaine de passionnés seulement sont responsables des ventes les plus importantes. « Il y a cinq ans, 400000 yuans (50.000€)  était un prix élevé pour un excellent pigeon ", a déclaré Zhang Wangbin, qui dirige un club dans la ville de Wuhan, dans le centre du pays. Maintenant, le prix est multiplié par dix ! « C'est le résultat du développement économique », a-t-il ajouté.

Les pigeons ne sont pas les seuls animaux à attirer l'attention de l'élite chinoise des affaires, les prix de la carpe japonaise Koi ayant également un effet sur la Chine. Kentaro Sakai, président de la Sakai Fish Farm, le plus gros éleveur de Koi au Japon, a déclaré qu'un seul poisson pouvait être vendu jusqu'à 530.000€.

« Les acheteurs chinois sont maintenant les plus importants pour le marché car ce sont les plus gros acheteurs et ils sont prêts à payer des prix élevés », a-t-il ajouté.

Les prix élevés des pigeons s'accompagnent de prix plus élevés pour les compétitions de pigeons. La première série de courses «Iron Eagle» de 500 kms organisée en Chine par le club Pioneer International à Beijing se targue d'un prize money de 5 millions d’euros à se partager entre tous les vainqueurs !

 

En plus des frais d’adhésion, ce club prend une commission de 30 pour cent sur les ventes lors de sa vente aux enchères annuelle, la plus ancienne et la plus courue du pays. « Les gens ont de l'argent mais n'ont rien d'autre à faire », a déclaré Su Quanlin, président du club. « La plupart des membres du club aimaient les pigeons quand ils étaient jeunes. Maintenant, ils ont du temps et de l'argent, donc ils ont repris ce loisir. Mais avec plus de moyens, beaucoup plus. »

 

Les concours sont souvent illégaux en Chine continentale, et les gains ne sont pas imposés par l’état. « La taxe et le jeu seront un problème tôt ou tard. C'est une zone grise », a déclaré un colombophile basé à Pékin au Financial Times.

 

Même M. Chen, dont le pigeon a remporté le trophée Iron Eagle en 2017, ne peut pas rivaliser avec les amateurs de haut niveau. « Je ne voulais pas me séparer du pigeon, mais je ne pouvais pas me permettre d'enchérir autant », a-t-il déclaré.

 

M. Chen a déclaré qu'il y avait tout de même trouvé son compte en vendant le pigeon. Et que le Pioneer club aussi en avait en profiter ? Tout le monde est donc content. Les pigeons que je joue ici sont issus de champions nationaux en Europe », a-t-il ajouté. « Tous les colombophiles avertis en Chine et au Japon savent que c’est en Belgique, en Hollande et en Allemagne qu’on peut trouver les meilleurs pigeons. »

On l’aura donc compris : la bulle commerciale chinoise s’est de nouveau enflée en 2017. Les rois de l’immobilier, de l’industrie pharmaceutique aussi, ont tiré des profits énormes. Parmi eux, une poignée de colombophiles. Qui veulent des champions belges, quitte à payer le prix fort.

Quelque chose nous dit qu’on n’a pas fini de parler de record…

 

PENDANT CE TEMPS AU BANGLADESH

Un quotidien du Bangladesh, le Star Week-end, pose la question à ses lecteurs : « Combien paieriez-vous pour un pigeon? Reformulons cette question. Souhaitez-vous payer pour acheter un pigeon du tout en premier lieu? Après tout, il y a beaucoup de travail à faire pour les élever. De leur fournir de l'eau filtrée et une variété de céréales pour les accueillir dans un immense espace sur votre terrasse, ce n'est pas facile. Mais croyez-le ou non, il existe au Bangladesh des associations impliquées dans les courses de pigeons, qui dépensent de l'argent pour un seul pigeon. »

La sœur de Cavendish, pigeon d’origine belge, a été achetée pour 410.000 takas bangladais (4.000 euros) lors d'une vente aux enchères il y a quelques années, et selon l'Association des propriétaires de pigeons du Bangladesh (BRPOA), c'est le montant le plus élevé que l'on ait dépensé pour un pigeon dans le pays.

« Il y a de nombreux facteurs derrière le prix d'un pigeon », explique Amdad Hossain Bhuiyan, secrétaire général de la BRPOA. « Vous regardez le nombre de courses que sa mère a gagné et vous regardez aussi ses propres courses. Lorsque vous constatez que ses proches ont remporté un certain nombre de courses nationales, le prix augmente automatiquement », ajoute-t-il. La mère de Cavendish avait remporté 11 courses nationales en Belgique et c'est la raison pour laquelle son prix est monté si haut.

«À moins que quelque chose de très tragique ne se produise, vous obtiendrez un bon rendement», dit Amdad. « En plus de remporter des courses au Bangladesh, les amateurs vendent souvent les jeunes issus de ces pigeons à un prix encore plus élevé aux autres amateurs », dit-il.

Ll'intérêt est croissant pour les concours de pigeons au Bangladesh. Ce qui a commencé comme un simple passe-temps en 2004 a engendré aujourd’hui trois grands clubs. En plus de la BRPOA, il y a aussi le Bangladesh Racing Pigeon Fanciers Club (BRPFC) et le Bangladesh Racing Pigeon Entrepreneur Ltd.

Les membres de ces clubs participent à 10 courses chaque année, de novembre à mars, ce qui est considéré comme le moment idéal pour les pigeons. « En Europe, les courses ont lieu en été car la région est presque gelée en hiver. Pour nous, c'est le contraire. Pendant l'été, sous la chaleur et au milieu des pluies, les pigeons sont susceptibles de faire face à plus de dangers », explique Jahid Mollah, trésorier de BRPFC.

« Chaque participant est tenu de payer des frais (1€) à ses clubs respectifs pour chaque pigeon, après quoi les pigeons sont transportés par camion jusqu'au lieu de la course. Les portes des cages dans lesquelles sont gardés les pigeons sont contrôlées électroniquement, de sorte que lorsque le buzzer est pressé, toutes les cages s'ouvrent en même temps, ce qui permet un bon départ. Une fois le pigeon arrivé, le chronométrage est enregistré sur une horloge digitale. La distance de chacun des lofts au point de départ est pré-mesurée en utilisant Google Maps et est ensuite divisée par le temps que le pigeon prend pour couvrir la distance. Finalement, le pigeon avec la plus grande vitesse est considéré comme le gagnant. Les pigeons utilisés pour la course sont d'un genre particulier et proviennent généralement de Belgique, des Pays-Bas et d'Allemagne. Chaque année, des amateurs de ces pays viennent au Bangladesh et vendent leurs pigeons aux enchères. Des enchères locales parmi les clubs ont également lieu après chaque course. Si votre pigeon gagne la course, vous recevrez 195€. Lors des ventes aux enchères, le prix de l'oiseau gagnant peut s’élever à 900€ », explique Jahid.

Mohammad Amdad Hossian Bhuiyan de la BRPOA veut faire passer la colombophilie à un autre niveau. Il veut que le gouvernement forme une fédération officielle de pigeons comme les autres fédérations sportives du pays et s'assure que le Bangladesh participe aux courses de pigeons à l'étranger.

HUPEZ

 


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