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Narbonne

Posté le 15/08/2017, Auteur: info@pitts.be


Vous l’aurez compris avec ce numéro, nous avons pu mettre largement à profit notre double rôle de journaliste-convoyeur sur le Narbonne 2017. Alors, histoire d’être complet, voici les anecdotes et photos qui complètent ce reportage. Histoire que rien ne vous échappe !  Procédons par un format question-réponse si vous le voulez bien. Façon « Concours colombophile pour les nuls ».

Spectateurs, convoyeurs, presse

 

QUI FAIT QUOI LORS DU CONVOYAGE ?

Il n’y a que des questions basiques pour un bon reporter. Mais il veut des réponses concrètes. La première c’est « Qui fait quoi ? » lors d’un convoyage.

Le convoyeur d’abord. Pour celui qui est responsable, il est là dès la tournée de ramassage dans les sociétés. Il est aussi au contremarquage. Décharger les paniers, les apporter aux contremarqueurs, puis les recharger dans les camions. Ils contrôlent en même temps l’état de chaque panier. Un tapis manquant, une trappe qui coulisse mal, un panier déformé qui pourrait blesser un pigeon, il remballe. Il s’assure que la quantité de maïs est suffisante. Pour le concours de Narbonne, il y en a même un peu plus de prévu. On ne sait jamais… Pendant la route, il prend place dans la cabine. A chaque arrêt, ouvrir tous les volets, sauf ceux exposés plein soleil, et toutes les portes des remorques histoire d’aérer les pigeons. Chaque arrêt, c’est contrôle que tous les abreuvoirs sont encore bien accrochés et accessibles pour les bêtes. Il soigne aussi les pigeons : nourrir, rincer la fontaine, abreuver. Il nettoie la remorque. Le jour du lâcher, il coupe les fils, fait sauter les plombs de contrôle, et appuie pour lâcher la pression qui retient les portes et ainsi libérer les pigeons au coup de klaxon. Le convoyeur en chef, lui, a toutes les responsabilités en plus. La paperasse, pour le transport, les douanes, le bien-être animal, l’état du lieu de lâcher, les contacts permanents avec l’organisateur, et c’est lui qui gère et dirige le lâcher. Il dort peu, dans la remorque, avec les pigeons. Il veille aussi à la sécurité des camions, des bêtes.

Le chauffeur ensuite. Il conduit. En respectant limitations de vitesse et durée de conduite. En France, les contrôles étaient nombreux pour les transporteurs et les autocaristes. Et la gendarmerie nationale française ne badine pas avec le règlement. Dépassement du temps de conduite autorisé (huit heures par jour) et c’est l’amende qui tombe. Et l’immobilisation en plus si le dépassement est long ou si le disque a été enlevé. Certains mettent aussi la main à la pâte pour aider les convoyeurs. Il y a plus de 2000 pigeons dans une remorque ! Au moment de couper les plombs des paniers ou de nettoyer la remorque, certains viennent donner un petit coup de main mais sans excès. D’ailleurs, le dernier jour, en revenant de Narbonne, après le lâcher, lors du dernier arrêt obligatoire à Châteauroux, un chauffeur vient nous trouver alors que tout est nettoyé, y compris nos propres corps. Le chef (Johan Bauwens) vient de téléphoner à un de ses chauffeurs : « les paniers hollandais doivent tous être remis dans la même remorque ». Il se fait qu’ils étaient dispatchés dans deux remorques différentes. Le chauffeur vient nous trouver. Et zou, deux convoyeurs s’exécutent. Les chauffeurs mangent entre eux de leur côté, les convoyeurs d’un autre. Ils n’ont pas le même rythme. Et pour la surveillance des camions, c’est mieux comme ça.

Enfin, on ne peut passer sous silence cette étrange proposition d’un chauffeur au moment de remonter vers la Belgique. Les transporteurs ont des obligations, c’est certain. Mais comment ce chauffeur a-t-il osé nous proposer de ne pas remonter chacun dans un camion pour retourner à Wavre, point de départ et de rassemblement trois jours auparavant ? Sa proposition à lui était de nous reprendre tous dans un seul camion, qui irait à Wavre, les autres rentrant au siège social de leur société de transport. Nous avons refusé évidemment. En discutant entre eux, les autres chauffeurs l’ont ramené à la raison : il y a moyen de s’organiser pour ramener tous les convoyeurs dans les normes de sécurité adéquates et sans que ça pose problème à chaque transporteur. Heureusement que le bon sens prévalait chez tous les autres routiers.

 

ROULENT-ILS EN CONVOI ?

L’idéal serait que ce soit le cas. Mais ce ne le fut pas sur ce Narbonne 2017. Six camions dont un semi-remorque, difficile de maintenir la même vitesse pour tous. D’autant que certains tracteurs sont moins puissants que d’autres ou plus anciens. « Pourtant, je préfère qu’on roule en convoi », insiste Jean-Philippe Deprince. « Il suffit qu’il arrive quelque chose à l’un des camions qu’on laisse plus en arrière pour que cela complique toute l’organisation. » Sur la route de Narbonne, pas de problème, tout le monde est arrivé à bon port. Avec un timing un peu différé pour le semi mais sans conséquence sur les soins donnés aux pigeons qui se trouvaient à l’intérieur.

 

LE RÔLE DU CONTROLEUR AU LÂCHER ?

Narbonne, sud de la France. C’est donc un contrôleur désigné par la Fédération Française qui est désigné pour le lieu de lâcher. A Narbonne, c’était Marcel Maury. Un homme du sud, avec l’accent et la gouaille qui va avec. Sympathique. Très sympathique. Son rôle se limite à un contrôle. Il doit vérifier que tout est ordre (papiers, lieu de lâcher, disposition, sécurité, nombre de pigeons, accord sur la définition des conditions météorologiques à transmettre), que tout est respecté. Il signe les papiers. Le dernier attestera, après le lâcher, que tout s’est bien passé, dans le respect de toutes les règles. Mais son rôle se limite là. Il n’a aucun droit sur la décision de lâcher ou pas, par exemple.

Dans le cas de Marcel Maury, il répond aussi aux questions des journalistes de la presse locale ou spécialisée qui sont venus sur le lieu de lâcher. Et de le raconter dans son entièreté, depuis l’enlogement comme s’il l’avait vécu. Un vrai personnage, ce Marcel Maury.

 

LES PIGEONS SONT-ILS BIEN TRAITES ?

Oui ! Pour avoir déjà entendu, au local ou dans des interviews, les doutes émis par certains colombophiles, on peut certifier que les convoyeurs soignent au mieux vos protégés. Ce sont 30 grammes de maïs par jour qui sont versés, sans heurt, dans les paniers. Avec une petite rallonge s’il se trouve un mâle zélé jouant au boss et de ses ailes pour se gaver plus que les autres. Les fontaines, salies logiquement par les copeaux, les plumes, déjections et mouvement du trajet sont nettoyées avant d’être remplies. Jamais vides. Même pas après le lâcher. C’est la preuve que les pigeons n’ont pas pris le départ en ayant soif.

Les remorques sont aérées dès que c’est possible. Elles sont adaptées à ce type de transport. Attention ! Le règlement prévoit que chaque colonne comporte huit casiers maximum de hauteur. C’est bien, car un neuvième ou dixième étage oblige le convoyeur à prendre de fameux risques pour bien soigner les pigeons situés tout en haut.

Dernière remarque : les paniers peuvent encore être améliorés. Quel problème subsiste-il ? S’il est bien étudié pour une aération maximale, l’accès sans problème à la fontaine et pour son empilage, il y a parfois des pigeons qui coincent leur ailes dans les larges interstices. Ce qui peut parfois expliquer que votre pigeon revient par la route.

 

QUE FAIT-ON DES PIGEONS BLESSES ?

On vient d’en parler avec les paniers. Lors de ce Narbonne 2017, le cas s’est justement présenté. Deux pigeons ont connu des problèmes au décollage.

Le premier a quitté le camion comme une fusée. Un mâle trop pressé qui, parti d’un panier du bas, n’a pu remonter dans le peloton et a tiré tout droit à un mètre du sol percutant au bout de 20 mètres un arbuste. Quelque peu sonné, groggy, il est resté au sol, sur ses pattes, en titubant. Repris en main, sans problème par les convoyeurs, il n’a pas souhaité repartir. Il a été replacé dans un panier.

Un autre pigeon, une femelle, n’a même pas pu décoller. Au moment de fermer les trappes après le lâcher, un convoyeur l’aperçoit au fond du panier. Immobile. Il tente de la prendre mais se rend compte qu’elle a coincé sa queue dans les interstices du panier. Délicatement, il parvient à la retirer du piège.

Ces deux pigeons ont ramenés par camion en Belgique. L’organisateur a alors prévenu les propriétaires. Soignés pendant le voyage retour, les deux pigeons l’ont également été chez Francine Lageot, l’organisatrice. Le propriétaire de la femelle est venue la récupérer et l’a remerciée pour les soins et le retour. Le mâle, lui, appartenait à un amateur flandrien. Contacté par Francine Lageot, il lui répond ceci : « Oh ! Il est chez vous, près de Liège ? On l’a ramené en camion ? Très bien. Si vous me dites qu’il vole dans une volière et qu’il a été bien soigné, alors lâchez-le. Vers 17h. Et confirmez-moi cela par sms. » Francine Lageot hésite, demande à l’homme s’il est certain que c’est ce qu’il convient de faire. Réponse : « Comme vous l’avez vu, c’est un mâle de quatre ans. Un très bon pigeon de grand fond, toujours revenu de partout. Il a fait un bon Perpignan en 2016 par exemple. Lâchez-le ! Il traversera bien la Belgique d’est en ouest, hein ! »

Le lendemain, à 17h, Francine Lageot relâche ce mâle de son pigeonnier. Quatre ou cinq volées au-dessus de son pigeonnier et puis fini, parti ! Lendemain matin avant 7h, un SMS : « Le pigeon vient de rentrer il y a dix minutes. Merci à vous. Transmettez aussi tous mes remerciements aux convoyeurs qui les ont soignés. Il est en très bel état, parfait ! »

Tout est bien qui finit bien !

                                                                                                                         HUPEZ

 

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